« Shiri Ya Mwari » de Nicolas Elie – Evidence Editions

Comment trouver le chemin après la guerre et ses exactions, après la mort et ses sourires ? Il s’appelle Issa, et il est né au Zimbabwe, bien avant que les hommes ne lui donnent ce nom. Il était Commando-Marine, puis il a changé de réalité. 

Shiri Ya Mwari

Service presse via SimPlement.pro.

Nicolas Elie est un romancier dont « Shiri Ya Mwari » est le deuxième publié après « Viktor ».

Avec une plume intense, vraie et qui prend aux tripes, l’auteur nous invite à suivre Issa, zimbabwéen devenu SDF, après avoir tué sa copine, Karine. Il se sent envahi par l’Autre, ex-militaire, violent et imprévisible, et ne comprend pas ce qu’il lui arrive alors il essaie de protéger ceux qui l’entourent en s’isolant. Puis une femme se présente à lui. Nous apprenons qu’elle a été victime de viols incestueux et pédophiles par son beau-père et que son rapport aux hommes en est devenu froid. Elle avait un chien, qu’on retrouve dans la rue et qui va suivre Issa. Son point de vue va nous être partagé au travers certains chapitres. Finalement les personnages qui prennent le plus de place dans le récit, en-dehors de Issa, sont tout d’abord Elisabeth, spécialiste de l’histoire ancienne et entre autre du Zimbabwe, sauvée d’un crash d’avion dans l’eau en Sicile par Nick et Mac, anciens militaires commandos à la retraite.

Il poussa l’interrupteur et les spots au-dessus du miroir éclairèrent brutalement la scène qu’il redoutait. Le sang sur le carrelage, et la gorge de Karine, ouverte sur une plaie béante. Un cri monta du fond de ses entrailles. Un cri d’une telle violence qu’il ne put exister dans le réel, et seul un gémissement franchit sa bouche. Un gémissement pitoyable. Celui d’un chiot face à l’orage, celui d’un homme face à un cataclysme qu’il ne maîtrisera pas. Incapable de se tenir debout, il se laissa glisser auprès de celle
qui l’accompagnait depuis plusieurs mois. Son regard s’attarda sur la main de la jeune femme, celle qui étreignait le rasoir de son grand-père. Elle semblait s’être donné la mort et ses yeux fixaient l’éternité, mais il sut immédiatement qu’elle ne s’était pas suicidée. Elle était gauchère, et la main qui tenait le rasoir était celle où elle portait la bague qu’il lui avait offerte le lendemain de leur rencontre, tant il était sûr qu’elle était celle qu’il attendait. La main droite.

Une fois les personnages mis en place, on a un récit sur deux périodes : l’histoire de Issa qui commence à Motobo au Zimbabwe en 2000 et Elisabeth lors de la montée dans l’avion en 2015. On attend qu’une chose, les voir se croiser et connaître le dénouement de cette rencontre. L’intrigue est menée avec brio, des rebondissements intéressants et palpitants qui remettent en cause constamment ce qu’on prend pour acquis. Le final est imprévisible. On voyage du Zimbabwe en Sicile, on découvre les horreurs lors de guerres africaines, des méthodes peu scrupuleuses pour donner vie à des guerriers sans âme, le soutien infaillible entre anciens soldats, une légende africaine autour du Shiri Ya Mwari…

Ce roman a été une belle découverte ! J’ai été happée dans l’histoire qui m’a autant retournée les tripes que fait sourire. On y fait de belles rencontres et les personnages se dévoilent avec délicatesse malgré toute l’horreur de certaines scènes. Dans cette ambiance oppressante, j’étais heureuse de pouvoir souffler par le côté bourru de Nick. Vraiment un très beau thriller psychologique valant le détour !

Pour en savoir plus : Evidence Editions_ »Shiri Ya Mwari »

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