« L’Homme de demain – 16 récits de l’utopie au cauchemar » des Artistes Fous Associés – Editions Les Artistes Fous – 2ème partie

Encore une fois, pour vous éviter un article trop long, je ferai 2 chroniques autour de ce recueil.

« Lectrices, lecteurs, vous tenez le destin de l’humanité entre vos mains !
À défaut de vous en lire les lignes, Les Artistes Fous Associés jouent les Nostradamus à l’occasion de leur quatrième anthologie, dédiée au futur de l’homme (et de l’Homme). 16 auteur(e)s venus de toute la francophonie, débutants comme confirmés, vous proposent leurs prophéties, entre lendemains qui chantent et lendemains qui déchantent… De l’utopie au cauchemar. »

Anthologie dirigée par Paul “Southeast Jones” Demoulin, Ludovic Klein, Vincent Leclercq et Sébastien “Herr Mad Doktor” Parisot

0. L'homme de demain

9. « La musique des sphères » de Nicolas Chapperon, illustré par Cham

« Nicolas Chapperon nous invite à découvrir la post-humanité, dans un futur si éloigné que nos descendants, métamorphosés par la technologie et la génétique, n’ont plus grand-chose à voir avec nous. Disséminés dans un univers qui semble ne pas avoir de limite, la solitude est désormais le lot de ces voyageurs de demain.« 

9. La musique des sphères

Phyllis, humaine modifiée génétiquement pour survivre dans l’espace, rencontre Obéron. C’est la première fois pour elle de croiser un homme et ils doivent se féconder pour la survie de l’espèce.
La fin est arrivée un peu vite. Très peu de dialogues et d’échanges. C’est plus une introspection de Phyllis. L’humain s’est adapté aux nouvelles conditions pour sa perpétuation.

10. « Poogle Man » de Herr Mad Doktor, illustré par Pénélope Labruyère et Chesfear

« Retour à la réalité augmentée avec le docteur des artistes fous (qui l’est tout autant)… Quand tout est délégué à la technologie jusqu’aux souvenirs, comment l’individu peut-il se libérer de la servitude au système ? Un concept exploré de manière jusqu’au-boutiste dans cette nouvelle immersive où la forme importe autant que le fond, où la mise en page se mêle à la narration.

NdE : Les notes de bas de page font parties intégrantes de la narration, la version électronique ne permettant pas une mise en page juxtaposant les deux niveaux, nous vous invitons à suivre tous les liens hypertextes. La narration n’étant pas linéaire, nous avons ajouté des liens hypertextes en fins de chapitres pour vous aider à naviguer dans la chronologie de la nouvelle.« 

10. Poogle Man

Dans un autre registre, on revient sur des récits plus « informatisés ». Les souvenirs des hommes sont stockés par Poogle et pour avoir accès aux bons, il faut payer. Comme on peut se douter, Poogle s’est insinué partout dans le corps de M. Baladin et détecte son état physique et mental, bloque les spams… enclenche une surveillance face à un début de rébellion.
M. Baladin a changé d’opérateur neuronal et cela signifie une déconnexion total. Il va devoir gérer une solitude au sein de cerveau, jamais connue jusqu’alors. Assisté depuis toujours dans les moindres de ses pensées ou de ses gestes, il est complètement perdu. Puis Arthus se fait accoster par les « Libres Penseurs ».
Malgré la récurrence du sujet, il est abordé d’une manière toujours aussi effrayante. On en perd notre intimité, nos pensées, notre autonomie. Cette fois encore, on est plus dans une introspection mais les circonstances poussent à cette méthode.

11. « L’absurde et très courte histoire de l’homme qui voulait monter dans la hiérarchie » de Corvis,  illustré par King Lizard

« Dans cette micro-nouvelle qui annonce la couleur dès le titre, Corvis, habitué à la novella dans nos pages (La fin d’un monde in Fin(s) du Monde, 2012 ; Les soupirs du voyeur in Folie(s), 2014), montre qu’il sait aussi maîtriser la forme courte.« 

11. L'absurde et très courte histoire de l'homme

Texte ultra-court mais suffisant dans sa satire et son humour ! Excellent !

12. « Changez d’air » d’Arnaud Lecointre, illustré par Maniak

« Dans une dystopie au paroxysme de l’absurde proche de l’univers de Terry Gilliam (Brazil), un homme un peu à côté de la plaque se laisse convaincre de ne plus consommer l’air pollué et de ne respirer que de l’air “pur” qui lui est vendu. L’auteur nous raconte ici entre humour non-sensique et cynisme sa plongée dans la folie.« 

12. Changez d'air

Une rumeur circule comme quoi l’air de la vie serait vicié, voire toxique, à cause des cheminées de l’entreprise SCED INC. Un salarié, Andrew, va dîner avec sa femme, Anna, chez l’un de ses collègues. En arrivant, l’invité découvre un masque à gaz sur le visage de son hôte. En l’interrogeant, il lui confirme qu’un représentant est venu lui vendre de l’air pur puisque la rumeur a été validé par des recherches. Andrew est très inquiet de ses émanations et malgré qu’il travaille au sein même de l’entreprise, il ne sait pas ce que rejette exactement les cheminées. Il se procure donc un système d’arrivée d’air pur. Tellement obnubilé par cette menace permanente, il en perd sa femme, son travail et est persuadé qu’il va mourir quand il ne pourra plus payer les prélèvements pour l’air.

Nous suivons le récit à travers les inquiétudes d’Andrew. Pourtant cela manque d’humanité. Nous pouvons deviner la fin mais elle reste percutante et fait réfléchir.

13. « La vengeance du XIXe siècle » de Maniak, illustré par Christophe “FloatinG” Huet

« Blessée de guerre, une femme va trouver dans une étrange échoppe une alternative inattendue aux prothèses bioniques. Maniak nous propose une courte nouvelle confrontant steampunk et cyberpunk, car le XIXe siècle n’a peut-être pas dit son dernier mot.« 

13. La vengeance du 19e siècle

Une femme militaire qui se bat grâce à des améliorations mécaniques se voit amputée d’une jambe à cause d’une bombe anti-personnelle. De retour chez elle, l’ancien soldat se sent démunie, nue sans ces améliorations et avec une prothèse insignifiante et inconfortable. En passant devant un antiquaire, elle voit dans la vitrine une très belle prothèse en bois, sculptée magnifiquement. Elle se la procure donc et l’enfile aussitôt. Cette nouvelle lui va à ravir et met en valeur son corps. De nouveau en passant devant la boutique, elle achète une main faite de la même matière que la jambe. Pour pouvoir l’enfiler, elle s’ampute elle-même le membre concerné. Et c’est ainsi qu’elle sera constitué à 90% de prothèse en bois datant du XIXème siècle et qui semble doté de sa propre volonté.

C’est effrayant de constater comment cette jeune femme s’auto-ampute pour répondre à un besoin mécanique. Le texte est bien construit et nous amène à une fin plutôt saugrenue.

14. « Patrino » de Vincent Leclercq, illustré par Cold Mind Art

« Dans un lointain avenir, une bien étrange symbiose s’est instaurée entre les Villes et leurs habitants. Mais qu’arrive-t-il lorsque gronde le spectre de la surpopulation ? La solution semble évidente, quoique…« 

14. Patrino

Dans cette histoire, nous assistons à la naissance d’une ville en passant par les contractions, et l’accouchement en lui-même. Une forme de réponse à la surpopulation. L’auteur nous fait visiter la ville et l’intérieur de celle-ci en usant de termes anatomiques. C’est vraiment très bien écrit, j’en ai même cru que la ville était en fait une femme enceinte sur le point d’accoucher. Stupéfiant !

15. « Moisson » de Gallinacé Ardent, illustré par ARZH

« Et si le futur de l’Humain n’était pas si brillant que l’on l’imagine ? Gallinacé Ardent nous propose un texte sombre où l’homme n’est pas au centre de la galaxie mais à la base de la chaîne alimentaire, l’éleveur est devenu bétail, le cultivateur la moisson.« 

15. Moisson

Quand l’être humain devient la nourriture des ogres, c’est une véritable horreur. Les descriptions et les termes choisis m’ont donné envie de fermer les quelques pages de cette nouvelle. L’auteur a vraiment su montrer toute l’ignominie de devenir soi-même mi-végétal, mi-humain. Malgré les hauts-le-cœur, et encore plus à la fin, je trouve ce texte très juste.

16. « Les enfants de nos enfants » de Southeast Jones, illustré par Kenzo Merabet

« Évolution ? Peut-être est-ce là que réside le plus grand challenge de l’Humanité. Southeast Jones nous propose dans cette nouvelle de découvrir comment les enfants de nos enfants vont relever ce défi. Pour achever cette anthologie sur une histoire du futur à l’échelle humaine, donc sans limite.« 

16. Les enfants de nos enfants

Deux cents ans après une guerre nucléaire, l’humanité a subi des mutations. Certains ont donc acquis des dons, et d’autres sont muets. Les espèces se renouvellent.

Nous suivons différents protagonistes à divers moments de la vie de l’humanité. D’abord les humains vivent plus vieux, puis viennent les immortels et enfin une conscience collective.

L’auteur nous fait voyager à travers le temps et l’évolution de l’espèce humaine. C’est une texte doux et prometteur. Le recueil ne pouvait finir sur de meilleurs auspices.

Conclusion :

C’est un très beau recueil qui nous fait réfléchir sur notre avenir, nos choix et notre adaptation face aux différentes menaces qui pèsent sur nous. Les Artistes Fous nous proposent encore cette fois une anthologie très intéressante et souvent effrayante avec des auteurs et illustrateurs talentueux. Je vous le conseille vivement.

Découvrez la présentation des auteurs et illustrateurs à la fin de l’ouvrage.

Retrouvez la 1ère partie ici

Pour en savoir plus : Les Artistes Fous   artistes fous associés skin

N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me donner votre avis sur cet article ou à me suivre dans les méandres de mes lectures.

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