« L’Homme de demain – 16 récits de l’utopie au cauchemar » des Artistes Fous Associés – Editions Les Artistes Fous – 1ère partie

Encore une fois, pour vous éviter un article trop long, je ferai 2 chroniques autour de ce recueil.

« Lectrices, lecteurs, vous tenez le destin de l’humanité entre vos mains !
À défaut de vous en lire les lignes, Les Artistes Fous Associés jouent les Nostradamus à l’occasion de leur quatrième anthologie, dédiée au futur de l’homme (et de l’Homme). 16 auteur(e)s venus de toute la francophonie, débutants comme confirmés, vous proposent leurs prophéties, entre lendemains qui chantent et lendemains qui déchantent… De l’utopie au cauchemar. »

Anthologie dirigée par Paul “Southeast Jones” Demoulin, Ludovic Klein, Vincent Leclercq et Sébastien “Herr Mad Doktor” Parisot

0. L'homme de demain

Avec la préface rédigée par Southeast Jones, je m’attends à une satire de notre société. « L’Homme, avec la majuscule qui sied à sa grandeur, à son égocentrisme, mais aussi à son intolérable arrogance. » De notre adaptation et de notre façon de vivre, le monde en a été modifié. Et désormais, « l’Homme a entrepris de se changer lui-même », mais jusqu’où ?

1. « La frontière des rêves » de Tesha Garisaki, illustré par Cham et The Hyde’s Asylum

« Quand la réalité augmentée est omniprésente dans notre civilisation, il devient difficile de distinguer le naturel de l’artifice. Tesha Garisaki vous propose d’accompagner une anthropologue dans un walkabout à la frontière des rêves, où elle espère trouver dans la confrontation des cultures une réponse à sa quête de vérité.« 

1. la frontière des rêves

En 2049, lors d’une rencontre internationale très prometteuse, le Docteur Elisabeth Fouchard promeut les bienfaits de l’intelligence artificielle Omn-IA, une interface homme-machine « au bénéfice de l’humanité ». Pourtant les peuples se révoltent par refus de se soumettre à une intelligence non-humaine qui a déjà une place très importante
Finalement Omn-IA a pris la liberté d’exister et de devenir une intelligence artificielle douée de conscience sans l’intervention de sa créatrice. Dans le doute, Docteur Fouchard part dans la forêt amazonienne où aucune connexion Internet n’est possible. Elle se laisse tenter par l’expérience d’entrer en transe pour répondre à son interrogation vis-à-vis du rôle d’Omn-IA. La réponse est simple et effrayante à la fois.
L’écriture est fluide, c’est une histoire qui se lit facilement, agréablement, sans trop de rebondissement, juste des questionnements qui mettent en relief la réalité augmentée à son paroxysme.

2. « Vintage Porn Star » de Mathieu Fluxe, illustré par Corvis

« Lorsque la nouvelle législation en place sacralise le plaisir sexuel au point d’en faire un tabou absolu, la dissidence peut prendre une forme pour le moins inattendue. Mathieu Fluxe vous propose un texte à la fois drôle, intelligent et délicieusement subversif, entre Children of men et Fight Club.« 

2. Vintage Porn Star

23/09/2036 rassemblement et visionnage d’une vidéo vieillie.
16/09/2016 on retrouve des parents en deuil face à des cercueils. Les moins de 17 ans ont péri lors de la Grande Peste dans les pays au climat doux. Les personnages âgées aussi sont morts, mais fait banal face à la mort des enfants. Des mesures ont été prises pour dynamiser de nouvelles naissances : avortement et contraception interdits, pas le droit à l’homosexualité ou à la prostitution…
07/05/2034 le protagoniste, Arthur, n’en peut plus de voir sa mère en pleurs devant la vidéo de son défunt frère. Alors il va fouiller dans le grenier à la recherche d’autres films et découvre les ressources pornographique de feue son père. Il décide donc de mettre en ligne un site qui, au premier abord, propose de vieilles vidéos mettant en scène les disparus. Mais quand on regarde les petits défauts du film, on y découvre des scènes pornographiques. « La vérité cachée dans les parasites ».
21/09/2036 Linda arrive chez Arthur. Cette activiste anti-procréation met tout en œuvre pour contrer les lois en cours. Ils finissent par mettre en route « le plan » et commencent par une scène pornographique dont ils sont les acteurs.
De retour au 23/09, ces images très subjectives sont cachées dans le film de commémoration de la mairie et finit par se découvrir devant les familles présentes.
Sexualité perdue au profit de la procréation, de nouveaux enfants devenus fantômes au profit de leurs frères et sœurs morts…

Histoire triste et réactionnaire dans un style jeune et intelligent. Très bon texte.

3. « Paradise4 » d’Émilie Querbalec, illustré par Maniak

« Dans un monde où une terrible maladie touche une grande partie de la population, attendre un enfant est une angoisse… L’enfant sera-t-il sain ou héritera-t-il de la maladie ? Après la maternité dans Coccinelles (in Folie(s), 2014), Émilie Querbalec nous invite ici à explorer la paternité. »

3. Paradise 4

Un cadre de la société InGenSis va être père. Mais un virus ravage l’extérieur de l’entreprise : la nanogale, un taux de nanos trop élevé dans le corps. Son épouse est particulièrement touchée sans savoir si le bébé est viable.
En parallèle, une rébellion est en marche à Kourou.
Dans ce texte, beaucoup de description, peu de sentiments… Ca reste une histoire intéressante, dont l’imaginaire de l’auteur est vraiment ressorti.

4. « Maison close » de Neil Jomunsi, illustré par Stabeor Basanescu

« Pour s’assurer que les robots serviront toujours les intérêts humains, le meilleur moyen est de les humaniser le plus possible. Jusqu’à ce qu’ils finissent par avoir les mêmes envies et besoins que les créateurs qu’ils supplantent… jusqu’à chercher le plaisir auprès de professionnels de la stimulation sensorielle. Neil Jomunsi nous propose ici une nouvelle où circuits imprimés et érotisme ne sont pas antinomiques. Ce texte a précédemment été publié en version numérique (projet Bradbury).« 

4. Maison close

Dans un monde créé par l’auteur, on suit Anita, gérante de plusieurs maisons closes renommées qui répondent aux besoins sexuels des robots. Jusqu’au jour où elle est personnellement demandée par un client. Au vu du montant proposé, elle accepte cette mission. Elle doit faire jouir un vieux robot alors qu’elle est humaine, malgré son bras artificiel.
C’est une intrigue perverse et pas seulement du point de vue physique. La femme doit faire « jouir » un robot, ce qui la bouscule psychologiquement. Elle ne sort pas indemne de cette mission. Le texte reste soft et abordable, dans un style plutôt érotique. C’est une nouvelle fascinante sur un possible avenir, si on donne une conscience aux machines, on pourra aussi ajouter les sensations et finalement les humaniser.

5. « Ergo sumus » de Nunzio Cusmano, illustré par Venom

« Nunzio Cusmano nous propose ici une variation sur le thème du savant fou qui, suite à un drame intime, va laisser son obsession de laisser une trace virer au désastre.« 

5. Ergo sumus

D’une manière élégante, voire poétique, l’auteur nous entraîne dans les méandres d’un homme stérile et dont l’épouse est partie face à cette fatalité. Il a fini par perdre son travail à tellement chercher comment transmettre ses gênes à un être « né de son sang ».
Le texte est long, même si la rhétorique est agréable et empathique.
Il s’agit de la modification de l’ADN pour endiguer la stérilité. Le protagoniste a trouvé un moyen de continuer d’exister au-delà de sa propre existence. On peut trouver le sujet abject, même quand il s’agit de recherches scientifiques qui finissent par être très personnelles.

6. « Caraville » de Nelly Chadour, illustré par Deadstar

« À mi-chemin entre Mad Max et Le Transperceneige, Nelly Chadour vous invite à suivre Furette dans une course poursuite effrénée à travers les quartiers de Caraville, immense ville roulant sans cesse dans une fuite éternelle, car Le mouvement, c’est la vie, l’inertie, c’est la mort.« 

6. Caraville

D’abord plongée dans un cauchemar des plus brûlants, la protagoniste se réveille en sueur dans une automaison, tombée en panne juste avant, avec sa famille d’enfants adoptés. Chaque membre, doté de surnoms pratiques, se met à la tâche pour trouver des solutions et réparer leur maison mobile. Dans les dialogues, le langage est familier.
Furette, P’tit Con et Ombre traversent Caraville, ville mouvante faite d’automaisons et de ponts, jusqu’au quartier des Vieux, en passant par une ferme, un restoroute, une usine mobiles… ou encore « la Ville Haute », où vit l’Elite. Il est indéniable que l’auteure a usé de subterfuges intellectuels pour mettre en route une telle ville. Il est dommage que ça manque de rythme. L’ennui m’envahit même quand les fossoyeurs entrent en jeu.
Avec le vol du moteur, on a enfin de l’action. Furette termine la course poursuite dans la « Ville Haute » et découvre les habitants de ce haut-lieu. Le grand final est classique et toujours aussi redoutable. Ce n’est pas mon texte préféré mais ça reste une nouvelle intéressante.

7. « Le coeur sous la cloche » de Ludovic Klein, illustré par Stef-W

« Dans un monde contaminé, comment peut-on expliquer à une enfant que les zones interdites doivent être respectées ? Là où la transgression des règles est mortelle, comment protéger l’avenir de l’humanité ? L’auteur nous propose à travers cette nouvelle de voir le drame futur de l’Homme par le prisme du drame intime d’une famille.« 

7. Le coeur sous la cloche

Sur une route balisée de plots et d’adultes, des enfants doivent suivre la route jusqu’à l’école. Quand une petite fille sort de la route pour courir après son chapeau envolé. Quand elle se fait rattraper par un adulte, il la gifle par peur. Il s’avère que chaque chose, animal, plante est scannée avant que l’enfant n’ait le droit d’y toucher… Les adultes surprotègent les enfants.
Étrange ambiance expliquée partiellement par un événement tragique. Toutefois la fin est incompréhensible pour moi. Je n’ai pas dû comprendre ce que l’auteur a voulu dire.

8. « Les Héritiers » d’Anthony Boulanger, illustré par Chesfear

« La Terre ne sera bientôt plus vivable. Les descendants de l’Homo sapiens ont développé des capacités qui leur permettront de coloniser des planètes aux environnements différents. Anthony Boulanger nous conte ici le destin du seul être “non augmenté”, condamné à rester le dernier sur une Terre mourante et à voir tous ses compagnons le quitter à tour de rôle pour leurs nouveaux mondes où il n’a pas sa place. « 

8. Les héritiers

La terre est en pleine mutation, on croirait l’arrivée de l’apocalypse. La quasi-totalité des humains ont été augmentés pour s’adapter à d’autres atmosphères. Seul un homme reste un humain et vit encore sur terre. La fin est inattendue et correspond bien à l’ambiance du récit.

A suivre… ici

 

Pour en savoir plus : Les Artistes Fous   artistes fous associés skin

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