« Mort(s) – 18 mauvaises nouvelles » des Artistes Fous Associés – Les Editions des Artistes Fous – 3ème partie

« R.I.P.

Les Artistes Fous Associés ont la profonde douleur de vous annoncer la disparition définitive du bon goût littéraire et de la consensualité bien-pensante à l’occasion de la sortie de leur cinquième anthologie : “MORT(S)”. Dans un pied de nez à la Faucheuse, 18 auteurs plus ou moins vivants vous livrent leur déraison funèbre et leurs récits mortels. Pour mettre un point final à l’absurdité de l’existence !« 

Anthologie dirigée par Paul « Southeast Jones » Demoulin, Ludovic Klein, Vincent Leclercq et Sébastien « Herr Mad Doktor » Parisot.

Mort(s)

Encore une fois, pour vous éviter un article trop long, je ferai 3 chroniques autour de ce recueil.

13. « Die Nachzehrermethode » de Quentin Foureau et illustré par Cham

« Derrière ce titre imprononçable pour un non-germanophone se cache une nouvelle insolite, complexe et morbide, graphique et intellectuelle. Où art, occulte et recherche scientifique s’unissent dans un mariage interdit. »

13. die nachzehrermethode

Description du Docteur Gustav Adam Wolf puis de son travail, voire même de ses découvertes sur la toile de Schwabe, « La Mort et le fossoyeur ». On est plongé dans ses recherches, je dirais même dans son obsession.

Dans une écriture poétique, l’auteur nous immerge dans la manière de créer une créature dont seul le Docteur a le secret. Mais non il ne s’agit pas de Frankenstein.

14. « Le mécanisme de la mort du langage » de Mort Niak

 » Comme son nom l’indique, le grignotement est en marche ! Absurde et conceptuel. »

La famille Tennant a reçu un paquet étrange : une boîte noire avec un bouton unique. De quoi s’agit-il? Sans réponse, on découvre qu’elle modifie le langage et que le mot « mort » remplace beaucoup de mots. Pas toujours facile de comprendre le texte quand nous-mêmes ne sommes pas soumis à cette boîte. J’en suis morte de rire !

15. « Délivre-nous du mal » de Ria Laune et illustré par Venom

 » Grinçante histoire de haine familiale… de ces rancunes qui nous hantent au-delà de la barrière de la mort. « 

15. délivre-nous du mal

A travers les yeux de Maude, on voit la déchéance de sa mère. Alzheimer ? Elle cherche Agathe, la petite sœur, mais sa fille aînée ne répond pas aux questions. On apprend que la petite est morte, tuée des mains de sa mère, devenue folle, « irresponsable de ses actes ».

Maude est décédée aussi, trois mois après. Mais voilà qu’elle revit continuellement cette journée. Elle hante sa mère, qui peut la voir. Maude a besoin de comprendre le comportement de cette femme, si elle n’avait succombé à la mort avant. Pourtant, les mêmes mots se répétent derrière elle…

16. « Les âmes de la foire » de Vincent T. et illustré par Lenté Chris

 » Tourbillon de fantômes, monde du cinéma et obsession amoureuse, dans cette nouvelle kaléidoscopique de Vincent T., fou de la première heure, auteur de Parasites (Sales Bêtes !, 2013). « 

16. les âmes de la foire

Ça commence par une tournage dans une église. On est dans la peau d’un metteur en scène tombé sous le charme de l’organiste, alors qu’il est encore marié. Mary hante ses pensées, au point d’apparaître plusieurs fois sur la route du retour. Et après une embardée, Harold se réveille sans voir les membres de son équipe, et répond à l’appel de la musique venue d’un bâtiment au loin. Je ne sait pas trop dans quoi je suis plongée : rêves, hallucinations ou réalité… Mais ce qui est sûr est que même si finalement je me doutais du sort de Mary, je suis stupéfaite de la vidéo réalisée par Harold.

L’auteur a ajouté des notes à la fin de sa nouvelle nous relatant un résumé de la biographie de Harold « Herk » après cette histoire.

17. « Tri Nox Samoni » de Jérôme Nédélec et illustré par Simon « Kinglizard » Back et Fred « DreamProphet » Wullsch

 » Mélange entre rites païens, humiliations ulcérantes et bouillonnement de vengeance, cette nouvelle vous entraînera sur les chemins de l’Histoire la plus reculée. « 

17. tri nox samoni

Le style et le vocabulaire sont adaptés à l’intrigue. Dans une guerre de clans, Volcorix se bat contre Turcorix, le chef en place et imbu de pouvoirs et perd. Il est fait prisonnier avec son fils Alarcos, apprend que ses ennemis ont tué sa femme et ses filles sans ménagement. Désormais c’est à leur tour, père et fils seront sacrifiés dans la tradition de ces peuples, leur permettant d’accéder à l’Autre-Monde. Mais c’était sans compter sur la fourberie de Turcorix qui a demandé au Vate de les découper et empêcher leur corps d’être avalé par le marais. Finalement, le père arrive à se libérer de ses liens, tue trois des ennemis présents pour leur sacrifice et fait une ultime requête aux Dieux. Alors qu’il est censé être mort, Volcorix va rétablir l’équilibre.

Beau récit de combat, j’aurais pu me croire dans « Braveheart » ou autre biopic, récit de guerre.

18. « La dette du psychopompe » de Guillaume G. Lemaître et illustré par Lenté Chris

 » Grotesque, gore, dérangeante et pince-sans-rire, une fresque intime et barrée autour d’un couple infernal de parias fascinés par la Mort. « 

18. la dette du psychopompe

Le thème est annoncé dès la première phrase : nécrophilie. Âmes sensibles s’abstenir. Le texte n’est pas écrit de manière choquante, même si le sujet l’est. Le psychopompe est en continuelle recherche de partenaires qui pourraient lui apporter toute satisfaction. Il finit par avoir sa propre entreprise de pompes funèbres. Toutefois son réel plaisir ne s’exprime qu’avec des suicidés, des personnes ayant choisi la mort. Alors dans une macabre machination, il va amener des gens au geste fatal. Jusqu’à être découvert par le fils d’une de ses « victimes ». Le croque-mort se contenta donc des suicidés amenés à son entreprise. Mais voilà qu’une jeune femme de 19 ans, revient à la vie lors de leurs rapports sexuels ! Après plusieurs tentatives pour la tuer, rien n’y fait.

Trente ans plus tard, Valérie et Georges organisaient des suicides collectifs à spectacle. Non pas pour satisfaire les besoins nécrophiles du croque-mort mais pour soulager l’obsession de la jeune femme toujours attirée par la mort, qui se refuse à elle.

Finalement, on retrouve Valérie en déesse se délectant des orgies avec ses fidèles où se pratiquent aussi la nécrophilie.

Texte à rebondissement, bien écrit, il est facile de lire cette histoire. Le sujet est particulier mais au-delà de l’horreur de ce genre de pratique, il faut reconnaître la force de l’intrigue.

Conclusion :

La mort prend plusieurs visages et cette anthologie vous en propose quelques-uns : la Faucheuse, l’intelligence artificielle ou l’immortalité, tout était bon pour coller au thème et nous faire apprécier la vie. J’ai beaucoup aimé cette anthologie. Si votre âme n’est pas trop sensible, jetez-vous à l’eau et nager dans les eaux troubles de « Mort(s) ».

Découvrez la présentation des auteurs et illustrateurs à la fin de l’ouvrage.

Retrouvez la 1ère partie ici et la 2ème ici

Pour en savoir plus : Les Artistes Fous   artistes fous associés skin

N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me donner votre avis sur cet article ou à me suivre dans les méandres de mes lectures.

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